Débat sur l’avenir du livre illustré numérique au Labo de l’édition, rue Saint Médard – 31 janvier 2012

Le thème choisi n’est pas très différent de celui des assises du SNE du 8 novembre 2011, sur le livre enrichi. A noter, pour ceux qui souhaitent revoir les débats des assises, ils sont accessibles sur le site du SNE avec en particulier un glossaire des termes techniques.

Il s’agit d’une co-édition (décidément ce terme est très à la mode) entre l’équipe  Demain le livre et le Labo. Le débat était illustré par des projections d’Epubs et d’applications, car en la matière, la démonstration est parfois plus probante que les discours.

1. Le premier intervenant, Hadrien Gardeur de Feedbooks, est revenu à la théorie et à l’état de l’art en matière de logiciels et de solutions techniques. Pour le livre illustré, le passage en numérique est aussi une révolution copernicienne : de la page au flux.

La page : dimension fixe, placement absolu de l’image et du texte, format pdf

Le flux : un monde relatif, une fenêtre plus qu’une page, fenêtre recomposable selon l’écran et l’orientation.

Les images, ancrées dans le monde l’imprimé, deviennent flottantes dans le monde du HTML. Hadrien nous a montré des exemples pratiques à partir d’un rapport texte / image dans une page d’Alice au pays des merveilles ou le placement à gauche, dans le texte d’une image a énormément de mal à fonctionner en Epub ; on lui préférera une image flottante entre deux paragraphes.

Des solutions intermédiaires existent aussi, mais elles ont l’inconvénient à l’heure actuelle d’être des solutions propriétaires. Le fixed layout est un flux à fenêtre non recomposable. La conception et l’affichage retrouve alors le rendu d’une page.

A terme, le format Epub pourra proposer des solutions de fixed layed out (conférence de l’IDPF à Taïwan du 25 octobre 2011).

Hadrien a ensuite fini son exposé par des exemples dans le monde de la presse de responsive design (Boston Globe) où le site internet s’adapte à la fenêtre (mobile, tablette etc) plutôt que de multiplier les design par technologies d’écrans. Affaire à suivre donc, car le monde du logiciel va vite.

Dernier point : les libraires et distributeurs numériques comme Feedbooks pour faire au mieux leur métier de valorisation de l’œuvre numérique ont besoin de métadonnées ; les revendeurs spécialisés en manquent.

2. Le deuxième exposé était celui de l’équipe Fleurus : Anne de Lilliac et Julien Gracia  ont présenté l’approche du groupe Fleurus sur la production et la diffusion de livres numériques. Leur démarche est partie de l’étude de leur fonds où 80% des titres sont des livres illustrés. Malgré tout, et en dépit du fait qu’à l’époque, l’Epub était considéré uniquement comme un format valable pour le texte, le choix de l’équipe a été de sortir de l’application (un modèle initialement choisi) et de monter un catalogue en Epub ouverts. En effet, l’ambition de Fleurus a été de travailler sur une logique de catalogue et de construire « une offre large et pas hors de prix, comme le souhaite les consommateurs : il souhaite une offre à -40%/-60% du prix papier et sans DRM ».

Deuxième grande décision prise par Fleurus : choix d’une diffusion sur toutes les liseuses, plateformes et donc de travailler avec l’ensemble des diffuseurs et libraires, Apple, Kindle, Immateriel etc. Il y a aussi un intérêt du consommateur pour les offres groupées intéressantes : le livre papier et le livre numérique.

Les objectifs n’étaient donc pas d’aller vers une expérimentation de l’interactivité maximale et des enrichissements. Malgré tout, au fil du temps et de l’expérience acquise, les maquettes sont devenues plus complexes avec des enrichissements sonores ou vidéo, ou encore des tests en fixed layout.

3. La dernière intervention : celle du studio V2 (Jean-Marie Lagnel et Sébastien Marchal) nous emmène vers un chemin différent. Ce studio qui travaille en partenariat avec Gallimard sur la collection « Mes premières découvertes » développe des créations originales, très enrichies, où « les phase de jeux s’intègrent à la narration». « Est-ce encore un livre ? » s’interroge Jean-Marie Lagnel sans pouvoir apporter de réponse définitive sur ce débat. Le choix du studio était clairement de travailler sur le potentiel de l’Ipad et de proposer une expérience son- jeu-narration-graphique inédite.
Quid du business model s’interroge la salle ? Il est vrai qu’il s’agit d’applications couteuses et qu’il faut élaborer des outils de travail permettant de produire plusieurs titres – une collection – en reprenant des briques, afin de ne pas multiplier les coûts variables à chaque expérience. Une application type La coccinelle est aussi destinée à être traduite dans plusieurs langues et vendue jusqu’en Chine.

Actuellement le studio V2 travaille pour ses propres productions et renforce son partenariat avec Gallimard. En préparation, une coédition avec l’éditeur sur un ouvrage sur le centre Georges Pompidou qui exploitera la réalité augmentée !

Articles intéressants sur la problématique des livres illustrés et des standards :

http://www.actualitte.com/actualite/lecture-numerique/applications/marche-de-l-application-livre-un-monde-a-part-31622.htm

http://www.futurebook.net/content/book-app-dead-again

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